24/01/2008

Débat avorté sur l’euthanasie

Lors d’une réunion publique, l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité refuse le débat sur la fin de vie et les questions éthiques qu’il soulève.

Paris, le 24 janvier 2008 - Hier, l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité (ADMD) a lancé sa campagne en faveur d’une loi autorisant l’euthanasie active. Devant 300 personnes réunies dans un grand hôtel parisien, Jean-Luc Roméro, Président de l’ADMD, a convié des élus à s’exprimer pour le coup d’envoi de son opération « 100.000 cartes pour notre dernière liberté ». Les députés Huguette Martinez (UMP) et Noël Mamère (Verts) ont invité les participants à envoyer une carte pré-imprimée par l’ADMD aux parlementaires pour faire pression sur eux et les pousser à modifier la législation.

Le poids des mots

Bien entendu, il n’est pas question pour ses promoteurs de parler d’ « euthanasie », le mot est trop fort. Alors, ils jouent sur les mots et utilisent l’expression « aide active à mourir ».
S’appuyant sur un sondage à l’origine inconnue, ils estiment que 80% des Français sont favorables à un débat sur la fin de vie, et ils en concluent que 80% des Français souhaite voir l’euthanasie légalisée en France. Pourtant, chaque jour, des milliers de Français se dévouent pour alléger les souffrances morales et physiques de la maladie. S'ils souhaitent un débat sur la fin de vie, ils n'en attendent rien de plus qu'une confirmation de l'interdiction de l'euthanasie active. Personnels hospitaliers, familles, amis ou bénévoles anonymes, ces milliers de personnes agissent au quotidien auprès de ceux qui en ont besoin. C’est cela la culture de vie que veut promouvoir la Life Parade, une nécessité pour construire un monde où l’amour durable est possible.

Le point de vue du personnel de santé

La présence humaine, l’attention portée aux autres et la recherche scientifique et médicale demeurent aujourd’hui la meilleur réponse face à la détresse liée à la maladie. C’est ce qu’a exprimée hier Clotilde, infirmière depuis 2 ans, au nom de la Life Parade, entourée de plusieurs infirmières représentant le corps médical, étrangement absent à la tribune et dans les débats. « Je suis infirmière et je pense que mon métier est de soigner et d'aider à vivre pas de donner la mort à mes patients hospitalisés » a lancé Clotilde, aussitôt privée de parole par les organisateurs de cette « réunion publique ». Curieuses méthodes où le débat est occulté, alors que le sujet est infiniment complexe et demande beaucoup de recul, d’échanges et de compassion. Jean-Luc Roméro s’est par ailleurs félicité de la prochaine diffusion d’un téléfilm en faveur de l’euthanasie sur France 2. On se souvient de la polémique à l’occasion de la diffusion d’un téléfilm sur Vincent Humbert par TF1 en novembre dernier. La Life Parade entend rappeler que la culture ne doit pas orienter un débat aussi sensible, ni le réduire à un cas de figure particulier. Quand au service public, son rôle audiovisuel est avant tout de servir l’intérêt de la société, y compris dans le choix des productions qu’il soutien.

La Life Parade invite solennellement les députés à ne pas céder au chantage d’une minorité sectaire refusant le débat. Elle travaille actuellement à promouvoir une proposition de loi d’initiative populaire visant à « étendre les centres de soins palliatifs » dont le nombre est aujourd’hui insuffisant. Une campagne vidéo viendra compléter cette action au printemps prochain.

 







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